| Kohau rongorongo |
10 janvier 2012 |
A l’attention de nos lecteurs intéressés par l’île de Pâques, et plus particulièrement peut-être par l’écriture rongorongo (dont il a été question dans notre numéro spécial 105), signalons le blog de près de 600 pages de Bernard Philippe, entièrement dédié à Rapa Nui et à son actualité. Elles accueillent également régulièrement les chroniques, les informations et les billets d’un autre de nos compatriotes amoureux de l’île la plus isolée du monde, François Dederen (dit “Te Pito”), dont rien n’échappe à l’œil de lynx depuis plus de quatre décennies. Infatigable collectionneur et collecteur de la grande et la petite histoire de l’île de Pâques, François Dederen est aussi devenu un graveur émérite de rongorongo, reproduisant à l’identique, avec une méticulosité qui force l’admiration et de la plus fidèle manière (à l’ancienne, s’il vous plaît, c’est-à-dire à l’aide d’une dent de requin emmanchée !) une dizaine de tablettes et autres objets bien connus ornés des énigmatiques hiéroglyphes.
Dans la vidéo et les pages proposées par le blog, François Dederen livre aussi ses commentaires et explique pourquoi il pense que l’origine du rongorongo est étrangère à Rapa Nui et doit se rechercher plus à l’ouest.
Pour accéder au blog de Bernard Philippe, cliquez ici.
PATRICK FERRYN
François Dederen (Photo Bernard Philippe – avec l’aimable autorisation de F. Dederen).
| Le mécanisme d’Anticythère en Belgique |
18 juin 2011 |
La SAL, Société astronomique de Liège (Belgique), nous informe que, du 16 septembre
au 15 décembre 2011, se tiendra, à l'Embarcadère du Savoir, 22 quai Van Beneden à Liège (ancien Institut de zoologie), une exposition intitulée “Les horlogers du Ciel”. Cette exposition sera inaugurée le 16 septembre par une conférence donnée par le professeur Efthymios Nicolaïdis, physicien et historien des sciences, et portera sur le fameux mécanisme d'Anticythère. Pour rappel, cet “engin”, datant du premier siècle avant notre ère et découvert en 1900 dans une épave ayant sombré vers 87 avant J.-C. au large de l'île d'Anticythère, est une calculatrice permettant de calculer des positions astronomiques, fondée sur les cycles de progression de l'arithmétique babylonienne.
La conférence aura lieu à 20 h, mais l'auditorium reste à déterminer. Des visites guidées de l'exposition sont prévues. Un article sur ce remarquable mécanisme est prévu dans le prochain numéro (n° 106) de Kadath. Pour tout complément d'information, s'adresser à la Société astronomique de Liège (site Internet).
MICHEL DETHIER
Le fragment principal du mécanisme d’Anticythère (© Wikimedia Commons).
| La chambre cachée de Khéops |
10 juin 2011 |
A l’époque – nous étions en 1993 –, l’affaire avait fait quelque bruit, et pas seulement parmi les spécialistes de la pyramide de Khéops. Un ingénieur allemand, Rudolf Gantenbrink, avait entrepris d’explorer le conduit dit “d’aération” qui s’ouvre dans la paroi sud de la chambre de la Reine. A l’époque, on ne savait rien de cet étroit conduit (22 x 22 cm), les sondages effectués n’ayant pu dépasser les 9 mètres. Pour son exploration, Gantenbrink avait conçu un petit robot muni d’une caméra, qu’il avait baptisé Upuaut, en référence au dieu Oupouaout, “celui qui ouvre les chemins”. Après quelque 63 mètres d’une progression difficile, le robot avait buté sur une dalle en calcaire fin de Tourah, que l’on supposait être une porte. Deux pièces en métal – sans doute du cuivre –, y étaient fixées, celle de gauche étant cassée.
Qu’y avait-il derrière cette porte ? Les spéculations allèrent bon train, couvrant tout le spectre des possibilités, depuis le “rien du tout” laconique du directeur de l’Institut allemand d’archéologie du Caire, jusqu’à la chambre secrète évidemment bourrée de trésors... Une première réponse fut apportée en 2002, lorsqu’un nouveau robot réussit à introduire une mini-caméra derrière la porte, découvrant une petite chambre fermée par une autre dalle.
Et voici qu’une nouvelle exploration nous permet aujourd’hui d’en savoir davantage sur cette mystérieuse cavité. Un engin plus perfectionné, baptisé Djedi, a en effet réussi à introduire une caméra flexible dans le réduit, révélant l’arrière de la porte, tout aussi polie que la face avant. On y voit que les pièces de métal traversent la dalle de part en part et que, côté intérieur, elles se terminent par une sorte de nœud que l’on suppose, faute de mieux, être ornemental. Ensuite, contrairement à la porte, la dalle du fond est d’une finition assez grossière, et l’on suppose qu’il s’agit d’un simple bloc constituant la masse de la pyramide. Dans cette hypothèse, il n’y aurait donc plus rien à découvrir derrière cette pierre. Et enfin, il y a ces hiéroglyphes peints en rouge, sur le sol de la chambre. On suppose qu’il s’agit de marques de carrier, par analogie avec les marques découvertes dans les chambres de décharge de la chambre du Roi. Cela semble d’autant plus vraisemblable qu’une marque à l’encre rouge a été repérée dans le couloir même, sur un décrochage vertical de la paroi.
L’énigme du conduit d’aération est-elle à présent résolue ? Non, évidemment. Car on ne sait toujours pas à quoi sert cette mini-chambre. La seule chose que l’on puisse dire, c’est qu’elle fait partie d’un ensemble au même titre que les conduits eux-mêmes, et que ceux-ci sont orientés astronomiquement. (Pour une information détaillée, voir le numéro 94 de KADATH, pages 23 à 35.)
Ensuite, et quoique cela puisse paraître un détail, la présence des pièces métalliques sur la porte est intrigante pour au moins deux raisons. D’abord, aucune explication n’a pu être donnée quant à leur fonction. L’hypothèse qu’il pourrait s’agir de poignées a été évoquée mais elle n’a guère été retenue. Ensuite, elles constituent les seuls éléments métalliques intégrés dans la pyramide. Détail certes, mais détail troublant.
Et enfin, la pierre du fond de la cavité marque-t-elle vraiment la fin du voyage ? Et s’il y avait malgré tout une autre chambre derrière ? Avant de refermer le dossier, il conviendra de s’en préoccuper...
JACQUES GOSSART
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La porte ornée de deux pièces métalliques (© Rudolf Gantenbrink).
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© New Scientist
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| Une nouvelle piste pour l’Atlantide |
27 mai 2011 |
Il n’y a pas si longtemps – quelques décennies tout au plus –, les chercheurs d’Atlantide se recrutaient exclusivement parmi les amateurs ; “amateur” étant généralement entendu, par les gens sérieux, dans le sens péjoratif d’incompétent, de peu crédible, de doux rêveur. Les vrais scientifiques, les professionnels du savoir, ne perdaient pas leur temps à rechercher cette improbable île sortie tout droit de l’imagination féconde de Platon. Il n’en est plus de même aujourd’hui avec l’arrivée, sur le terrain de l’atlantologie et aux côtés d’amateurs finalement pas si infréquentables, d’une nouvelle race de scientifiques, enfin débarrassés de tout préjugé, qui considèrent l’Atlantide pour ce qu’elle est : une hypothèse digne d’attention et donc de recherches. Déjà dans les années 1970 et 80, l’archéologue Spiridon Marinatos et l’océanographe Jacques-Yves Cousteau avaient donné le ton en identifiant l’île atlante à l’archipel de Santorin et à la Crète. En 2001, le préhistorien Jacques Collina-Girard avait développé l’hypothèse Spartel, un modeste archipel – aujourd’hui submergé – situé au milieu du détroit de Gibraltar. De nombreux autres chercheurs se sont depuis lors lancés dans l’aventure de la localisation, baladant le continent disparu aux quatre coins du monde, depuis le Groenland jusqu’à l’Île-de-France, en passant par les Antilles, la Sardaigne et la mer Noire.
Très récemment, Richard Freund, archéologue et directeur du Greenberg Center for Judaic Studies (université d’Hartford, Etats-Unis), a attiré l’attention des médias en annonçant avoir identifié l’Atlantide à la région de Cadix, dans le sud de l’Espagne. Pour ce faire, l’équipe du professeur Freund a eu recours aux techniques les plus modernes, entre autres les désormais incontournables photos par satellite, mais aussi un radar capable d’explorer le sous-sol et la tomographie de la résistivité électrique du terrain. Elle a ainsi pu localiser une structure composée de plusieurs cercles concentriques, qui pourrait être la fameuse cité royale aux enceintes circulaires décrite par Platon. De plus, Cadix n’est qu’à une centaine de kilomètres du détroit de Gibraltar, ces fameuses “colonnes d’Hercule” en face desquelles, selon Platon, se situait l’île atlante.
Aux dires de Richard Freund, l’Atlantide-Cadix aurait été submergée par un tsunami et les survivants se seraient enfuis à l’intérieur des terres, où Freund aurait retrouvé leurs traces sous forme de monuments.
Ces travaux ont déjà fait l’objet de plusieurs communications, entre autres dans le Hartford Magazine et sous forme d’interviews. Mais, même si ces résultats présentent un réel intérêt, ils ne constituent qu’une toute première étape, et de nombreuses questions restent en suspens. Car si un tsunami – dont l’existence doit encore être prouvée – a réellement submergé une grande cité de plan circulaire située à proximité des colonnes d’Hercule, la datation de cet événement devra correspondre à celle attribuée à la catastrophe par Platon, à savoir “il y a neuf mille ans”.
A suivre donc, et avec intérêt...
JACQUES GOSSART
Les enceintes concentriques de la “cité royale” décrite par Platon.
| Du nouveau sur l’Atlantide |
12 avril 2011 |
L’Atlantide – Dernières découvertes, nouvelles hypothèses. C’est le titre du dernier livre de Jacques Gossart – membre du comité de rédaction de Kadath – qui vient de paraître aux éditions Dervy.
Le nom « Atlantide » apparaît pour la première fois voici 2500 ans, dans l’œuvre du philosophe grec Platon. Depuis lors, l’histoire de la brillante civilisation atlante, disparue tragiquement aux alentours du dixième millénaire avant notre ère, n’a cessé d’enflammer les imaginations. Fiction politique pour les uns, réalité historique pour les autres, l’Atlantide est sans doute l’énigme historique la plus célèbre de tous les temps. Et malgré les quelque 200.000 ouvrages écrits sur le sujet, la question de l’historicité de cette terre disparue reste ouverte.
Toutefois, grâce à l’évolution des connaissances, la situation s’est modifiée au cours des dernières décennies, et l’Atlantide a peu à peu quitté le domaine des idées romanesques pour celui des hypothèses dûment étayées. Aujourd’hui, de nombreuses disciplines scientifiques permettent aux chercheurs d’améliorer leurs connaissances en atlantologie : imagerie par satellite, archéologie sous-marine, vulcanologie, biologie, anthropologie, mythologie, linguistique, etc.
Mais la richesse même de cette approche pluridisciplinaire génère d’énormes quantités de données, à propos desquelles un travail d’examen critique et de synthèse s’imposait. C’est ce travail que l’auteur a tenté de réaliser dans ce livre, afin de pouvoir répondre à cette simple question : que connaît-on réellement aujourd’hui de l’Atlantide ?
Jacques Gossart, L'Atlantide.
Editions Dervy, Paris, 2011.
177 pages, 7 euros.
| Les couvertures de KADATH : histoire d’une aventure artistique |
30 décembre 2010 |
Mars 1973 : parution du premier numéro de Kadath. Pour la première fois, la couverture de la revue apparaît dans les rayons des librairies. Comme les autres éléments de la maquette – dont le lettrage des titres – cette couverture est l’œuvre de Gérard Deuquet, jeune peintre belge attiré par le réalisme fantastique en archéologie. Chaque numéro sera ainsi illustré d’un dessin original de Gérard, en rapport avec le thème principal traité dans le numéro.
Pour découvrir l’histoire de cette véritable aventure artistique, cliquez ici.
| Voyage avec KADATH |
4 juin 2010 |
Voyage thématique avec Jacques Gossart, secrétaire général de Kadath :
Mort et renaissance : de la culture pharaonique à nos jours
Un circuit en Egypte pour une autre vision des sites majeurs tels Saqqarah et Karnak, mais aussi Alexandrie et Abydos.
Du 23 au 31 octobre. Pour renseignements et réservations, rendez-vous sur www.agence-voyage-lausanne.com.
Pour consulter le programme détaillé, cliquez ici.
Le temple d'Hatchepsout à Louxor (© Jacques Gossart)
| Ils nous ont quittés |
3 juin 2010 |
Ces derniers mois auront vu la disparition de deux membres importants de Kadath : Jean-Claude Berck et Jean Faucounau.
Jean-Claude Berck est décédé le 2 mai. Il faisait partie de ce petit groupe de passionnés un peu fous qui, en 1973, avaient décidé de fonder Kadath, pour déblayer de ses scories le terrain si mal connu des civilisations disparues. Erudit et grand voyageur devant l'Eternel, Jean-Claude avait abordé avec un égal bonheur des sujets aussi divers que les chronologies de l'Egypte antique, les personnages de Khéops et d'Akhénaton, l'histoire de l'archipel indonésien ou encore les premiers temps de la civilisation thaïlandaise. Il a traversé la vie calmement et s'est éteint dans son sommeil. Toujours impliqué dans notre équipe, il s'était mis en retrait de l'écriture pour se consacrer pleinement à sa passion pour l'art. Et quelle passion ! Pour être sûr de s'imprégner à fond du cœur d'une cité emblématique, il lui arrivait d'y retourner trois années de suite, l'explorant quartier par quartier. Ce fil s'est brutalement rompu tandis qu'il préparait méticuleusement son prochain voyage à Tolède, en prélude à une exploration exhaustive de Salamanque puis des merveilleuses villes andalouses. Ce sera pour une autre vie, Jean-Claude, et nous avons de la peine pour toi.
Jean-Claude Berck
Le premier article que nous proposa Jean Faucounau remonte à 1988 (n° 67 de Kadath) : il y exposait une nouvelle hypothèse sur l'écriture à l'Age du renne. Mathématicien de formation, il avait la passion de la linguistique, et s’intéressait particulièrement au déchiffrement du disque de Phaistos et aux Peuples de la mer. Doté d'une érudition rare, il s'intégra définitivement dans notre équipe en 1996 et chaque article qui suivit approfondissait un peu plus sa “théorie proto-ionienne”, basée sur l'existence, vers 1800 avant notre ère, d'un peuple “proto-ionien”, au sud des Cyclades. De
―2400 environ à ―1750, date de leur disparition, ces intrépides navigateurs effectuèrent des voyages jusqu'en Egypte via la Crète, avec retour par la côte syro-libanaise, le sud de l'Anatolie et Rhodes. Ils avaient sans doute constitué des archives, dont seul le disque de Phaistos est jusqu'à présent parvenu jusqu'à nous. Mais il semble bien qu'Hérodote en ait connu davantage. A force d'échanges épistolaires pressants, Jean Faucounau finit par franchir le pas et publia coup sur coup quatre livres chez L'Harmattan : Le déchiffrement du disque de Phaistos (2001), Les proto-Ioniens, histoire d'un peuple oublié (2003), Les Peuples de la mer et leur histoire (2004) et Les origines grecques de l' Age du bronze (2005). Parallèlement, c'est dans nos colonnes que, à la moindre occasion, il approfondissait encore sa théorie à chaque fois qu'une nouvelle découverte permettait de l'étoffer encore, et ce jusqu'à son dernier souffle, le 26 mars dernier. Par sa détermination, Jean Faucounau avait largement ouvert nombre de fenêtres et démantelé moult idées archéologiques qui sentaient le moisi. Merci, monsieur le professeur, d'avoir fait de nous vos complices.
| Le “menhir” de Matadi |
1er juin 2010 |
Une fois n’est pas coutume, nous lançons un appel à nos lecteurs ; et peut-être plus particulièrement aux aînés dont les parents ou grands-parents auraient été colons belges au Congo, pour tenter de retrouver quelque information à propos du monument figurant sur cette carte postale extraite d’un album de famille.
Ce “souvenir du Congo” avait été adressé à des proches restés au pays, en octobre 1902, à l’occasion des fêtes de fin d’année, et montre, comme le précise la légende, “Le menhir des environs de Matadi”, le long du fleuve Congo (qu’on devine à l’arrière-plan).
En l’occurrence, son aspect n’évoque guère un menhir tel qu’on a coutume de le concevoir dans nos régions d’Europe, cette appellation désignant plus volontiers une pierre dressée, fichée en terre.
Il présente davantage de similitude avec certains dolmens scandinaves et aussi avec les “rochers perchés” (perched rocks) qu’on trouve par exemple en abondance en Nouvelle-Angleterre et ailleurs (voir Kadath n° 42).
S’agit-il d’un véritable monument mégalithique ancien, érigé par une culture qui occupa les rives du grand fleuve, d’un lusus naturae (une fantaisie de la nature due à l’érosion et peut-être par la suite aménagée en lieu de culte) ou tout bonnement d’un rocher singulier qui a frappé l’imagination d’un colon ? Toute information complémentaire sera la bienvenue.
KADATH

| D’où sont venus les premiers Américains ? |
19 avril 2010 |
Cette question taraude depuis longtemps les scientifiques et a déjà fait l’objet d’innombrables débats. Kadath s’en est fait l’écho à maintes reprises (dans les n° 54, 75, 80, 91 et 99 entre autres) et nous nous apprêtons à remettre le sujet sur le tapis.
En effet, les découvertes se succèdent et viennent parfois quelque peu ébranler les théories anciennes, comme celle de la Béringie de Hrdlicka, en 1907. Cette hypothèse faisait venir les Amérindiens d’Asie, il y a 10 à 12.000 ans, au moment de la dernière glaciation. Ils seraient passés par une bande de terre émergée entre la Sibérie et l’Alaska, se glissant entre deux glaciers à la poursuite des mammouths. Depuis, il y a eu l’Homme de Kennewick, l’éventuelle origine solutréenne des pointes paléo-indiennes et bien d’autres découvertes déroutantes.
Il faut en effet reconnaître qu’il reste bien des points d’interrogation dans l’histoire du peuplement des Amériques. D’une part, il y a la découverte de sites archéologiques nettement plus anciens que ceux prévus par la théorie de la Béringie, comme par exemple celui de Monte Verde, au Chili. D’autre part, la traversée pédestre du détroit de Bering entre deux énormes glaciers par des chasseurs asiatiques n’aurait sans doute pas été une partie de plaisir.
Ces problèmes ont été encore récemment soulevés par deux chercheurs américains, D. O’Rourke et J. Raff. S’ils admettent toujours une origine asiatique pour les Amérindiens, ils reportent les premières migrations à plus de 25.000 ans (et non plus 13.000 ans comme le soutenaient la plupart de leurs prédécesseurs) et pensent qu’elles ont dû se faire non pas par terre, mais par mer. A bord d’embarcations en peau comparables à celles des actuels Inuits, les premiers Américains auraient longé d’abord la côte nord de la Sibérie, puis celle de l’Alaska et rejoint ensuite, par les îles arctiques du Canada, les parties plus orientales et méridionales des Amériques. Si les sites “Clovis” sont plus nombreux dans l’est des USA que dans l’ouest, il ne faut pas non plus oublier que Monte Verde se trouve au bord du Pacifique et qu’à l’époque, le canal de Panama n’existait pas...
Ce n’est cependant pas la première fois que la date de l’arrivée de l’homme en Amérique est reportée de plusieurs milliers d’années en arrière, ni que la voie maritime est évoquée (d’autres chercheurs proposant une route le long de la côte de l’océan Pacifique). Mais ce n’est qu’en 2004 que des chercheurs russes ont découvert un site vieux de 30.000 ans dans l’extrême nord-est de la Sibérie, près de l’océan Arctique, le plus proche à ce jour de la Béringie...
Enfin, il ne faut pas perdre complètement de vue les possibilités de peuplements fortuits et ponctuels en provenance d’autres régions du globe (Mélanésie, Afrique, Asie du Sud-Est, Europe ?), mais dont il ne resterait plus guère de traces indubitables et interprétables.
MICHEL DETHIER
Biface, culture Clovis (© Wikimedia Commons)
| Voyage avec KADATH |
9 mars 2010 |
Voyage thématique avec Jacques Gossart, secrétaire général de Kadath :
A la recherche de l’Atlantide
Croisière conférence sur les traces de l’Atlantide, de Venise à Santorin, une des localisations proposées pour la civilisation disparue.
Du 3 au 11 avril. Pour renseignements et réservations, rendez-vous sur www.aoravoyages.fr
(© Alexis Geghre)
| L’apocalypse de 2012 : l’avis d’un américaniste |
22 février 2010 |
Les lecteurs de Kadath connaissent bien Antoon Vollemaere. Cet américaniste, diplômé de la Sorbonne en paléographie maya, est membre de notre comité d’honneur depuis 1975. Dans une interview parue dans le numéro de février du magazine Agenda plus, il s’exprime à propos de son dernier livre, Apocalypse maya 2012*, mais aussi sur sa vie et sa passion pour la civilisation maya. Après avoir évoqué sa jeunesse, la maladie qui a failli l’emporter à l’âge de dix-neuf ans et ses études auprès du professeur Jacques Soustelle, Antoon Vollemaere développe le thème central de son livre, à savoir une erreur de 520 ans entre le calendrier maya et l’ancien calendrier julien. S’appuyant sur des données mathématiques et astronomiques, A. Vollemaere dénonce les erreurs de corrélation entre les deux calendriers, un thème qu’il avait déjà longuement abordé dans Kadath en 1975 (« Vers une révision de la corrélation maya », n° 15). Et Vollemaere de conclure : “On dit que le calendrier maya commence le 4 Ahau 8 Cumhu. C’est faux, c’est une seconde base de calcul qui donne une erreur de 520 ans. […] De même que les Mayas n’ont jamais prédit d’apocalypse ! Ces histoires ont été inventées par des scientifiques américains et danois pour provoquer la peur et ainsi faire du business […].”
Pour lire cette interview : www.agendaplus.be
* Apocalypse maya 2012 – Foutaise ou science ? Louise Courteau Editrice.
| Ils nous ont quittés |
19 février 2010 |
Cet hiver 2009-2010 aura vu la disparition de deux grands amis de Kadath. Le premier est Rémy Chauvin, décédé le 8 décembre 2009 à l’âge de 96 ans. Biologiste et entomologiste, professeur émérite à la Sorbonne, docteur ès sciences, le professeur Chauvin se passionnait pour les énigmes de la vie et des sciences, abordant avec une totale liberté d’esprit le paranormal, l’ufologie ou encore les civilisations disparues. Il avait soutenu notre action et nos travaux depuis de longues années et avait accepté de faire partie de notre comité d’honneur dès 1990.
Rémy Chauvin
(© Le Bibliothécaire)
Le deuxième est Emile Fradin, disparu le 10 février 2010, à l’âge de 104 ans. Découvreur en 1924 de l’extraordinaire site archéologique de Glozel (Allier, France), ce modeste paysan avait consacré sa vie à défendre l’authenticité du site, bataillant sans relâche contre tous ceux qui l’accusaient d’avoir fabriqué les milliers d’objets composant la collection de Glozel. Nous connaissions Emile Fradin depuis 1974, et avions consacré la même année un premier numéro spécial à ce site extraordinaire. Dans le numéro 104 de Kadath, (paru courant 2008, donc avant qu'il ne nous quitte), Patrick Ferryn a évoqué longuement les liens d’amitié qui se sont tissés au fil des ans avec cet homme remarquable que fut Emile Fradin.
“Pour lire ce texte, cliquez ici”